Où en est la filière Volailles ?
Bernard Tauzia : Après plusieurs années difficiles sur le plan sanitaire et économique, la volaille connaît un vrai rebond en termes de consommation. Dans les élevages, le succès de la vaccination contre l’Influenza aviaire permet de retrouver de la sérénité. Du côté du consommateur, les signaux sont également positifs, la volaille est la viande préférée des Français. Maïsadour est donc convaincue des perspectives de la filière. Il y a de vraies opportunités pour créer de la valeur pour tous les maillons de la chaîne, dont les agriculteurs.
Quels sont ses atouts ?
Michaël Dolet-Fayet : Notre Coopérative est l’une des rares à maîtriser toutes les étapes de production, de l’accouvage à la
commercialisation.
Pour les producteurs, c’est l’assurance d’une optimisation des coûts et d’un partage de la valeur : c’est dans ce but que j’ai été nommé président de la filière volailles de Maïsadour au printemps 2024.
Pour le consommateur, c’est la garantie d’une traçabilité et d’une qualité continues. Ce sont de vrais atouts dont nous sommes fiers.
Quels sont les objectifs de Fermiers du Sud-Ouest ?
Michaël Dolet-Fayet : Fermiers du Sud-Ouest veut renforcer sa position de leader de la volaille du Sud-Ouest et gagner des parts de marché au niveau national.
Cela passe par la défense du Label Rouge – dont nous avons fêté les 60 ans cette année – qui est un savoir-faire historique du Sud-Ouest. Nos marques « St SEVER » et « Marie Hot » sont emblématiques.
Plus globalement, il s’agit de proposer une gamme de produits variée, adaptée aux besoins de tous les consommateurs. Par exemple, avec « Poulet d’Ici », Fermiers du Sud-Ouest alimente le marché régional et les services de restauration avec une volaille du quotidien accessible et locale.
Et pour cela, il faut des volumes...
Michaël Dolet-Fayet : C’est un enjeu crucial pour notre Coopérative. Ces dernières années, nous avons investi dans des outils industriels performants et adaptés à nos ambitions. Désormais, pour saturer nos abattoirs, il faut accélérer le développement et accroître le volume de tous les types de productions, donc trouver de nouveaux éleveurs. D’autant plus que nous devons compenser l’érosion naturelle de notre nombre d’éleveurs (5 % de notre capacité de production chaque année), liée essentiellement aux départs en retraite.
De quels volumes parle-t-on ?
Bernard Tauzia : Environ 150 cabanes, 50 bâtiments volailles plein air de 400 m² et 15 bâtiments volailles standard de 1 350 m² supplémentaires.
Nous avons des outils industriels performants et adaptés à nos ambitions. Il ne manque que des volumes.
Michaël Dolet-Fayet
Michaël, vous avez d’ailleurs montré la voie à suivre…
Michaël Dolet-Fayet : En effet, je produis depuis longtemps tous types de volailles Label. À l’automne dernier, je me suis lancé dans la production de volailles du quotidien. Mes premiers lots se sont très bien passés et je suis satisfait de cette décision.
Comment Maïsadour mobilise tous les acteurs sur cette problématique de développement de la production ?
Bernard Tauzia : Ces derniers mois, nous avons rencontré les parlementaires landais et européens pour les sensibiliser à nos enjeux et qu’ils puissent relayer nos besoins. Aujourd’hui, développer de nouveaux bâtiments d’élevage est un processus long qui peut décourager des agriculteurs pourtant motivés. Il faut que ces freins – administratifs, financiers, matériels – soient levés.
C’est pourquoi le 19 juin, nous organisons, sur mon exploitation, un événement réunissant tous les acteurs de la filière volailles. Éleveurs, élus, interprofessions, syndicats, partenaires bancaires et assurantiels, clients, fournisseurs… : tous seront présents. La Coopérative entend peser et obtenir des décisions fortes pour simplifier le quotidien des éleveurs.
Et la Coopérative a déjà pris des mesures depuis septembre 2024 …
Michaël Dolet-Fayet : En effet. Il y a tout d’abord eu cette évolution de la rémunération des éleveurs, à l’automne 2024. L’élevage demande un investissement total des agriculteurs. Pour susciter des vocations, donner envie de se lancer, il faut que le travail et la performance soient récompensés à leur juste valeur.
Et il y a ce nouveau plan de développement, dévoilé en avril 2025
Bernard Tauzia : C’est une initiative inédite à l’échelle d’une coopérative. En cumulant cet
accompagnement financier significatif et les aides déjà existantes (PCAE, photovoltaïque…), un agriculteur pourrait, selon les cas, financer plus de 60 % du coût
de construction de son bâtiment d’élevage.
Un mot de conclusion ?
Michaël Dolet-Fayet : Chez Maïsadour, nous joignons les actes à la parole. Nous mettons tout en oeuvre pour redonner de vraies perspectives aux agriculteurs, afin de contribuer tous ensemble au succès de la filière. Nous sommes sur la bonne voie.
Propos recueillis en interne