INTERVIEW – « LES SEMENCES SONT LE PREMIER MAILLON DE LA CHAÎNE ALIMENTAIRE »

GROUPE MAÏSADOUR
Quels sont les défis du marché des semences ? Quelles semences pour demain ? Quelle Recherche et développement ? Autant de questions à la suite du bouleversement géopolitique mondial actuel. Réponses de Pierre Flye Sainte Marie, Directeur général de MAS Seeds et Benoît Pétiard, Directeur R&D chez MAS Seeds.
Pierre Flye Sainte Marie, directeur général de MAS Seeds
Pierre Flye Sainte Marie, Directeur général de MAS Seeds

interview

A quels défis le marché des semences fait-il face ?

Pierre Flye Sainte Marie : Les défis du marché des semences, comme ceux de l’agriculture en général, sont aujourd’hui multiples et significatifs. Il s’agit, en premier lieu, de faire face au changement climatique et autres grands défis environnementaux, tels que la réduction des pesticides, la préservation des ressources en eau et des sols. L’enjeu de la sécurité alimentaire reste majeur aujourd’hui. Une déstabilisation des marchés mondiaux en période de crise géopolitique ou climatique met rapidement en grande tension les sociétés et les populations et les plus fragiles en priorité.

Comment cela change-t-il votre travail quotidien ? Quelles sont les transformations que doit opérer la filière ?

Benoît Pétiard : Pendant des années, la priorité en termes de sélection a été le rendement. D’autres critères n’étaient pas négligés, mais ils restaient secondaires. Ceci évolue significativement, avec la recherche de variétés beaucoup plus résilientes, multi-performantes et stables dans des contextes de stress beaucoup plus élevés. Cela nécessite pour l’ensemble de la filière et des chercheurs la mise en œuvre de technologies – en génomique en particulier – et de capacités d’expérimentation et d’évaluation des variétés plus complexes et systémiques.

Benoît Pétiard, Directeur R&D de MAS Seeds
Benoît Pétiard, Directeur R&D de MAS Seeds

En quoi les semences sont-elles essentielles pour préparer l’agriculture de demain ? Peut-on concilier attentes « climatiques » et attentes « sociétales » ?

Pierre Flye Sainte Marie : Les semences sont le premier maillon de la chaîne alimentaire. L’innovation et la performance qu’elles apportent nous permettent de trouver des solutions pour faire face à tous ces enjeux en rendant nos plantes et nos productions agricoles plus résilientes.

Quel rôle joue la R&D (Recherche & Développement) dans cette transformation ?

Benoît Pétiard : La R&D est indispensable. Notre besoin de connaissance et l’intensité de sélection nécessaire pour répondre à ces enjeux se sont multipliés ces dernières années. L’accès à des technologies de pointe, encore confidentielles il y a 10 ou 15 ans, s’est développé. Nos investissements dans de nouvelles plateformes de recherche, comme c’est le cas actuellement au Mexique, nous renforce. Ainsi, certaines nouvelles variétés ont su tirer leur épingle du jeu face aux conditions extrêmes de la sécheresse en 2022.

Une technicienne R&D de MAS Seeds dans les serres de Haut-Mauco
Une technicienne R&D de MAS Seeds dans les serres de Haut-Mauco

Le numérique prend une importance croissante en agriculture. Quelle est son influence pour les semences ?

Pierre Flye Sainte Marie : En semences, nos investissements dans le numérique et les « Data Sciences » n’est pas nouveau, mais il s’accélère et c’est crucial. Notre capacité à collecter des données s’est accrue de façon exponentielle, et les technologies numériques nous permettent de les traiter pour optimiser la sélection.

Ces derniers mois, MAS Seeds a changé sa raison d’être pour « Agir Ensemble pour une Agriculture en Transition » (« Act Together for a Changing Agriculture » en anglais). Quelle vision cela incarne-t-il ?

Pierre Flye Sainte Marie : Cette nouvelle raison d’être est le cœur de notre vision, la base de notre stratégie MAS Seeds. Il s’agit d’abord d’agir et de travailler ensemble, de manière collaborative au sein de l’entreprise et avec nos multiples partenaires. C’est ensemble que nous irons plus loin et réussirons. Ensuite, il s’agit véritablement de changer l’agriculture, et donc nos semences et notre façon de produire. On ne peut pas se contenter de petites « évolutions ». La transformation de l’agriculture est indispensable pour répondre à ces formidables défis.

Photo de Jean-Pierre Raynaud, Sabine Brun-Rageul, Christophe Bonno, Camille Massol, Pierre Flye Sainte Marie, Jean-Louis Zwick
Signature du partenariat entre Bordeaux Sciences Agro (BSA), MAS Seeds, Maïsadour, le 10 mai 2023

En mai, Bordeaux Sciences Agro, MAS Seeds et Maïsadour ont signé un partenariat pour l’agriculture de demain. En quoi était-il important de collaborer avec cette école ?

Pierre Flye Sainte Marie : Bordeaux Science Agro est l’école d’ingénieurs en agronomie de référence en Nouvelle-Aquitaine, avec des enseignants et des scientifiques reconnus en agroécologie et en numérique. Nous avons besoin de collaborateurs bien formés sur ces sujets clés et nous allons développer des formations avec l’école.

C’est aussi un vivier pour recruter de nouveaux collaborateurs. Nous avons évidemment besoin de sciences et de scientifiques pour innover et trouver de nouvelles solutions durables pour l’agriculture. Des programmes de recherches avec des thèses vont être lancés à l’avenir. Ce partenariat est stratégique pour MAS Seeds pour construire notre futur.

Propos recueillis en interne

GROUPE MAÏSADOUR

Partager l’article