Les présidents de Maïsadour depuis 1936 :
Leurs témoignages :
Daniel Peyraube : « Nos valeurs (solidarité, collectif, innovation) sont un vrai atout pour demain »
« Cette année, notre Coopérative fête ses 90 ans. En tant qu’agriculteur et président, cet anniversaire est pour moi une immense fierté. Il est le symbole de la réussite d’une aventure humaine, née de la volonté de quelques producteurs landais de construire ensemble leur avenir.
De la Coopérative de Blé des Landes de 1936 jusqu’à aujourd’hui, notre histoire est en effet celle du rassemblement. Maïsadour est le résultat de la fusion de 12 coopératives, démontrant une ambition commune de répondre aux défis de chaque époque.
Au cours de ces décennies, notre Coopérative n’a jamais cessé d’avancer. Elle a innové, investi et développé des filières maîtrisées, en végétal comme en animal, pour valoriser nos productions. À partir de nos productions historiques, nos équipes ont trouvé de nouvelles opportunités de développement, contribuant ainsi à préserver un tissu agricole dense et dynamique.
Cette capacité à évoluer permet à notre Coopérative d’être aujourd’hui un acteur essentiel de la vie économique de nos territoires et un interlocuteur de confiance pour de nombreux partenaires et clients.
Ces 90 années d’histoire sont aussi l’occasion de se tourner vers l’avenir. Face aux défis économiques, climatiques ou sociétaux, nous avons la capacité de construire une agriculture forte, innovante et durable. Le modèle coopératif démontre toute sa pertinence. Il accompagne les projets dans la durée, soutient les transformations nécessaires et apporte des réponses
concrètes aux enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Je reste persuadé que les valeurs qui nous unissent, faites de solidarité, de sens du collectif et d’esprit d’innovation, sont un vrai atout. »
Michel Prugue : « Des visions et des productions diverses, mais une même ambition pour les agriculteurs »
« Maïsadour est le regroupement d’a minima 12 coopératives. Ce n’est pas une structure unique, mais le fruit d’entités aux visions et aux productions diverses, dont les administrateurs ont partagé la même ambition pour les agriculteurs : être maîtres de leurs approvisionnements, de la transformation et de la commercialisation de leurs produits.
Pour cela, la Coopérative a grandi, ouvert des silos, trouvé des compétences, mis des techniciens au plus près du terrain pour conseiller les agriculteurs. Elle a aussi noué des partenariats dans tous les domaines industriels (semences, légumes, volaille…). Tout cela permet d’apporter des savoirs, des techniques, des services aux adhérents, notamment aux plus jeunes, pour leur installation et la pérennité de leurs exploitations. Elle a attiré de nouvelles productions dans son territoire.
À l’occasion de ces 90 ans, je retiendrai 3 idées :
1/ La solidarité et la résilience entre les producteurs. Quels que soient le contexte ou les débats passionnés, cet esprit a été essentiel pour nous permettre de surmonter les difficultés de ces dernières décennies et d’aller de l’avant.
2/ La gouvernance. Après 90 ans, notre fonctionnement reste le même. Ce sont les agriculteurs qui définissent des orientations de la Coopérative et décident des évolutions nécessaires.
3/ Notre capacité d’investissement. Au local comme à l’international, nous devons être présents là où est le marché pour vendre nos produits, mais aussi créer de la richesse. Un modèle économique ne se nourrit que de ses succès. Alors que le monde agricole entre dans une nouvelle ère, celle de la data et de l’intelligence artificielle, nous devons maîtriser ces savoirs pour innover et rester maîtres de notre destin.
Après 90 ans d’histoire, nous pouvons être fiers que des femmes et des hommes aient pris leur destin en main et écrit l’histoire agricole pour permettre à nos familles de vivre et à nos campagnes d’être dynamiques. C’est, je le crois, pleinement réussi, quand on voit l’esprit convivial de notre territoire.
Depuis 1936, notre Coopérative a fait face à de nombreux défis et les a surmontés. Dans le futur, je ne vois pas pourquoi il n’en serait pas de même. L’avenir appartient à ceux qui le prennent en main, comme l’ont fait toutes les générations avant nous. »
Jacques Castaing : « Une Coopérative symbole des productions des Landes »
*Jacques Castaing est décédé en 2019. Témoignage recueilli en 2016, à l’occasion des 80 ans de Maïsadour.
« Quand j’ai pris la présidence de Maïsadour, la Coopérative était déjà bien développée sur le plan céréalier. Avec les élus, notre volonté a été d’en faire un symbole des Landes, avec toutes les productions du département : volaille, canard, fruits et légumes… Ceci pour trois raisons : proposer de nouvelles filières aux agriculteurs, créer de la valeur ajoutée sur le territoire et mettre en avant la qualité de nos productions.
Grâce à la mobilisation de ses équipes, Maïsadour est devenu un joyau régional et a acquis une
dimension internationale. Je n’oublie pas non plus les adhérents, qu’il faut remercier de leur fidélité, même dans des périodes difficiles. C’est pour eux que l’on travaille et que l’on innove. C’est la définition du modèle coopératif. »
Albert et René Coudanne : « Fiers de ce qu’est devenu Maïsadour après 90 ans »
*Témoignage d’Anne Jupont, petite-fille de René Coudanne et arrière-petite-fille d’Albert Coudanne.
« Albert Coudanne a bien évidemment beaucoup contribué à l’histoire de Maïsadour, parce qu’il en a été le fondateur et qu’il a créé les premiers silos. Je ne l’ai malheureusement pas connu.
J’ai, en revanche, de nombreux souvenirs de mon grand-père, René Coudanne, qui était très fier de son statut d’agriculteur. Il avait des vergers, produisait du maïs, du tournesol, du pois… Au cours de sa vie, il a occupé diverses fonctions (maire, conseiller général…), mais lorsqu’il arrivait dans une réunion publique, il se présentait parfois comme « paysan de Chalosse ». Cet attachement à son territoire l’a toujours guidé.
Durant mes études, lorsqu’une de mes camarades a appris que j’étais la petite-fille de René Coudanne, elle m’a dit que sa famille lui était reconnaissante de sa contribution à l’agriculture locale. J’ai ainsi vu mon grand-père différemment : au-delà du lien familial, j’ai mesuré l’impact concret de son action au service de nos territoires ruraux.
Les magasins de Maïsadour ont été l’un de ses grands projets. Il voulait que les agriculteurs aient un endroit pour trouver ce qu’il leur fallait à un prix raisonnable. À tel point que j’ai longtemps été persuadée que ces magasins leur étaient réservés !
Lorsque vous m’avez contactée, j’ai été touchée de constater que leur souvenir est encore présent. Je pense que si l’un et l’autre étaient encore là aujourd’hui, ils seraient fiers de ce qu’est devenu Maïsadour après 90 ans. Voir que la graine qu’ils ont semée a poussé et que leurs successeurs ont poursuivi cette belle oeuvre. »